Actualité : Désertification médicale … Que fait notre commune ?

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Actualité : Désertification médicale … Que fait notre commune ?

Depuis la réunion publique du 30 Janvier 2015 (lire notre article) organisée par la seule majorité municipale de Saint-Florent-sur-Cher sous la direction de Roger JACQUET Maire et (à l’époque) Conseiller Général on pouvait déjà légitimement se poser des questions.

  • La seule majorité municipale de Saint-Florent-sur-Cher : Pourquoi notre maire n’a-t-il pas inclus dans sa démarche : les maires de notre canton, les autres élus municipaux, les présidents des communautés de communes présentes sur le canton de Chârost ?
  • Pourquoi depuis, si longtemps que le problème existe au moins depuis le mandat actuel de Roger JACQUET 2014-2020 mais aussi lors de son précédent mandat de 2008-2014 et même durant le mandat de son prédécesseur Jean-BEGASSAT 2002-2008, rien de ce qui a été entrepris n’a porté ces fruits ? Inefficacité des dispositifs, inefficacité des actions, manque d’ambitions, manque de moyens, déni du rôle des communes et du canton ?
  • Suite à la «Lettre Ouverte» de 4 médecins du canton de Chârost, n’y a-t-il pas eu la création d’un groupe de travail permanent, transverse aux communes et aux cantons du sud de notre département ? Les départements limitrophes étant eux aussi dans le groupe de queue des départements de la désertification médicale. Personne se sent-il donc investi d’une obligation de résultat et non seulement de quelques moyens pour apporter à la population une ou des réponses concrètes à court, moyen et long termes ?
  • Pourquoi l’ensemble des professionnels de santé du canton de Chârost n’étaient pas officiellement conviés à cette réunion ? On y a vu les infirmières de Saint-Florent mais pas les infirmiers/infirmières de Chârots. Chacun a pourtant son rôle à jouer.

La solution ne viendra que de la mobilisation et de la participation de tous : élus, professionnels comme citoyens dans une démarche structurée, informative et communicante.

Lundi dernier (30 Avril 2015) mon médecin m’informe qu’une réunion est organisée à le « Maire » Roger JACQUET qui depuis la réunion précédente à perdu son poste de conseiller au département. Avez-vous été informé de cette réunion ? Connaissez-vous l’état d’avancement du dossier ? Avez-vous pu lire quelque part un compte-rendu de cette réunion ?

Je connais malheureusement la réponse : c’est NON. Notre maire est un adepte de la non communication, de la non information et du travail en solitaire sans délégation ni ouverture.

Lors du Débat d’Orientation Budgétaire (DOB) le 26 Février 2015 :

  • Le maire réitérait sa position « … En ce qui concerne la réalisation d’une maison de santé pluridisciplinaire, qui coûte très chère, je n’y suis pas favorable, car faut-il encore avoir un ou des médecins et professionnels de la santé à y installer… » face au questionnement de certains élus qui s’étonnaient que rien dans le budget 2015 ne soit prévu pour répondre à cette problématique.
  • Le président de la CC FerCher Jean-Claude BEGASSAT rappelant qu’à son époque, « … le désert médical touche l’ensemble du Canton et pas seulement ST FLORENT, et que ce problème doit être observé et travaillé avec tous les Maires du Canton. Il rappelle qu’un local destiné à accueillir un médecin est resté disponible 8 ans sans qu’aucun médecin ne vienne s’installer… ».
  • Ce à quoi Roger JACQUET dans sa campagne pour le renouvellement de son mandat de conseiller départemental (ex conseiller général depuis 1987) nous rappelait deux choses via son prospectus de propagande :

– qu’il avait depuis le 2 Mars 2015 mis la main sur une maison de type F5 « …la Commune va récupérer un logement de type 5, rue du Grand Meaulnes qui pourra servir de logement et ou de cabinet pour accueillir un médecin…« . Cette maison n’étant pas aménagée pour une activité médicale et n’est pas encore aux normes d’accessibilité obligatoires pour les autres médecins depuis le 1er Mars 2015.
–> Nous n’avons pas plus d’information sur le coût de cette «appropriation» de cette maison par notre commune alors que rien n’est prévu dans le DOB.

– qu’au cours de son dernier mandat de conseiller général il a pu obtenir de par, sa soi-disant position, plus de 800.000 € de subventions. Quand on essaye d’en savoir plus sur les comptes de la communes et notamment sur tous ces chiffres que notre maire aime à nous asséner on se heurte à un mur : zéro information, zéro transparence, zéro communication et obligé d’en faire appel au Tribunal Administratif (TA) pour obtenir l’information que tout citoyen est en droit d’obtenir d’une collectivité territoriale (Commune ou Département) (cliquez ici pour lire le parcours du combattant imposer par le maire – Billet d’Humeur : Mise en demeure au Maire – Communication des documents suite jugement du TA)

A ne pas traiter les problèmes en temps et Precipice-1en heure, à ne pas anticiper, à ne pas contrôler le niveau des dépenses par rapport aux recettes de la commune, à ne pas solliciter les aides disponibles (rythmes scolaires, maisons de santé, …)
il arrive un jour, que face au précipice, devant le vide que l’on a créé et avec le mur du silence que l’on a bâtis derrière soi, entre les élus eux-mêmes ou entre élus et habitants, il n’y a plus de choix !!!

 

Alors que notre commune n’investit pas pour traiter ce grave problème de désertification médicale, d’autres communes de même taille sont prêtes à dépenser plus de 1.000.000 € pour attirer de nouveaux praticiens même si la santé n’est pas dans les compétences municipales.

A l’heure où nos médecins sont reçus en privé par notre maire sans plus de retour, à l’heure où ils font grève par rapport aux projets du gouvernement en matière de Tier-Payant, à l’heure où il est affiché dans leur cabinet qu’ils ne peuvent plus prendre de nouveaux patients, et à l’heure où, en parallèle de tout cela, ils sont sommés de mettre au norme leur cabinet sans possibilité de dérogation (les médecins se déplacent depuis toujours chez les malades en manque d’autonomie), on peut vraiment se poser quelques questions : Comment participer pour régler ce problème ? Ou est la bonne solution ? Quels moyens mettre en œuvre ?

Voici dans un article paru hier dans Médiapart quelques éléments (frappants !!!) de comparaison, des questionnements légitimes et, entre deux lignes, quelques réponses.


Au cabinet médical de Souppes-sur-Loing, « on refuse tous les jours des patients » – Par Caroline Coq-Chodorge)

La moitié de la Seine-et-Marne a dépassé le seuil critique de la désertification médicale : des habitants, y compris les plus malades, ne trouvent plus de médecin. La commune de Souppes-sur-Loing, acculée, est prête à dépenser 1 million d’euros pour attirer de nouveaux praticiens, même si la santé n’est pas dans les compétences municipales.

Au bar “La République”, sur la place du même nom (qui, en réalité, est celle de l’église), il faut se méfier des apparences : « Vous tombez bien, j’ai quelque chose à dire. Mon médecin est parti à la retraite. Depuis, impossible d’en trouver un nouveau. On a fait tout l’annuaire, appelé tous les médecins à 20 kilomètres à la ronde. Tous sont surchargés. Les urgences de Nemours, c’est zéro, il faut attendre des heures. Pour nos deux enfants, on est obligés d’aller chez le pédiatre à Fontainebleau, à 45 minutes de route », se désole Céline Rigault.

À Souppes-sur-Loing, commune de 6 000 habitants de Seine-et-Marne (77), à la limite sud-est de l’Île-de-France, il n’y a plus que quatre médecins généralistes. Aux alentours, il y en a encore un autre, à mi-temps, puis plus rien, pour un bassin de 20 000 habitants. Quatre médecins sont partis à la retraite ces dernières années, aucun n’a été remplacé. Tous ont plus de 55 ans, et personne ne se souvient précisément à quand remonte la dernière installation. Souppes-sur-Loing n’est pas dans une situation exceptionnelle : « La moitié est du département, du nord au sud, est touchée par la désertification médicale, explique David Bresson, chargé de mission santé au conseil général. Même à Melun, la préfecture, les médecins ne prennent plus de nouveaux patients. Tout le monde est touché : trouver un médecin est devenu un sujet récurrent dans les couloirs du Département. Ici, le libre choix de son médecin est une illusion. »

Au cabinet des docteurs Bauwens et Braun, la secrétaire médicale, Anita Da Silva Campos, a la lourde tâche de « refuser des patients à longueur de journée, par dizaines. Ce n’est pas très agréable. Combien de fois j’ai entendu : “Vous nous laissez mourir !” Mais je me mets aussi à la place des malades. »

Pour Michel Bauwens, l’équation est insoluble : « La demande de soins augmente, alors que l’offre de soins ne cesse de diminuer. » Dans une telle situation, les professionnels de santé ont plusieurs stratégies. Celle du Dr Bauwens est de « rallonger le suivi des malades chroniques, parfois au-delà du raisonnable… Par exemple, je vois les diabétiques tous les 3, 4 ou 6 mois. Auparavant, je renouvelais leurs traitements tous les mois ou tous les 3 mois. » Mais ce n’est plus suffisant. « Pour l’instant, nous refusons d’être les médecins traitants de nouveaux patients, explique son associé, Joël Braun. Il y a eu deux départs en retraite ces derniers mois, nous sommes incapables d’absorber la demande. Nous consultons déjà 55 heures par semaine, nous ne pouvons pas faire plus. J’ai 66 ans, je voudrais au contraire lever un peu le pied. »

Le cabinet médical vient de sortir, pas tout à fait indemne, de l’épisode de grippe hivernale. Pour Michel Bauwens, « localement, le système de soins a craqué, nous n’avons pas réussi à absorber la pathologie. Il y a eu beaucoup de morts ». Selon les dernières estimations de l’Institut national de veille sanitaire (Invs), il y a eu 12 000 décès supplémentaires cet hiver par rapport à la moyenne des huit derniers hivers, surtout chez les plus de 65 ans. Les médecins de Souppes sont sortis de l’épisode hivernal « épuisés, le stress professionnel est important ». Certains en viennent même à « refuser des patients lourds », selon Michel Bauwens.

C’est ce qui est arrivé à une ancienne maîtresse d’école de Bagneaux-sur-Loing, un village industriel de près de 2 000 habitants, situé à près de 6 kilomètres de Souppes, dont les deux médecins généralistes, en couple, sont partis simultanément à la retraite fin 2014. La vieille dame s’en est à peine rendu compte, elle est « atteinte d’une maladie neurologique, elle est totalement invalide », raconte son infirmière libérale, et ancienne élève, Alexandra Bendyoukoff. « L’hôpital l’a laissée rentrer chez elle sans médecin traitant, j’étais scotchée… Elle n’avait plus de médicaments, c’est moi qui ai contacté le Dr Bauwens pour lui expliquer la situation. Il a bien voulu se déplacer, exceptionnellement. Mais il se contente de renouveler ses ordonnances. Aujourd’hui, elle n’a plus de suivi médical. »

Une autre vieille dame, Éliane Labe, ne voit son médecin que tous les trois mois. Cela ne la gêne pas : « Avec les docteurs, on est mal mariés. » Diabétique, elle a été amputée d’une jambe après une lésion sur un pied qui a évolué vers une gangrène. Un risque bien connu de cette pathologie. Cette ancienne gardienne de château vit constamment alitée, dans un tout petit intérieur, avec son fils, lui aussi handicapé. La maison de retraite n’est pas une option, elle perçoit moins de 600 euros de retraite. « Je ne me plains pas, avec mon fils, on s’accorde bien. » Des infirmières lui prodiguent des soins deux fois par jour, week-end compris.

C’est le tour de Véronique Magniadas, infirmière libérale à Souppes, qui se sent parfois « un peu seule face aux patients. Nous renouvelons les ordonnances, nous prescrivons les pansements, nous surveillons l’insuline des diabétiques… C’est à nous d’être vigilantes et d’alerter le médecin. » Ce transfert de tâche des médecins vers les infirmières est-il bien légal ? Les intéressés éludent…

Dans la salle d’attente des docteurs Bauwens et Braun, les patients s’impatientent. Pour une dame et son mari handicapé, « les jeunes médecins n’aiment pas la campagne. Et nos vieux médecins, ils ne se déplacent plus la nuit. Même pour mon mari cardiaque, il faut appeler les pompiers ». Une femme, mère au foyer de quatre enfants, « a le sentiment que les médecins travaillent surtout pour l’argent. Je ne comprends pas pourquoi ils refusent de voir un enfant qui a 40° de fièvre. Cela ne me fait pas plaisir d’engorger les urgences, d’y attendre une journée entière, tout ça pour un rhume… ». Pour le jeune Ricardo Gomez, « les zones rurales sont à l’abandon ». Sa mère est à côté, c’est elle qui va avancer le prix de la consultation, 33 euros, car les deux médecins pratiquent des dépassements d’honoraires. Ricardo est en stage, il gagne 300 euros et « compte chaque sou ». Il n’a pas la couverture médicale universelle (CMU) et n’a pas pensé à demander le tiers payant aux médecins. Les docteurs Braun et Bauwens le pratiquent pourtant, mais uniquement lorsque les malades le réclament. Tous les patients dans la salle d’attente savent qu’un projet de loi prévoit la généralisation du tiers payant, et l’attendent.

La vallée du Loing, de Montargis à Nemours, fut largement industrielle. À Bagneaux-sur-Loing, l’industrie du verre a employé jusqu’à 3 500 ouvriers. Ils ne sont plus que 500 aujourd’hui. L’économie locale vit un peu d’agriculture, et beaucoup de services. Le revenu moyen par foyer fiscal est de 21 000 euros, le taux de chômage était de 15,7 % en 2011, seuls 55 % des ménages paient des impôts. Ce qui caractérise le mieux ce territoire, c’est le « phénomène des franges franciliennes, explique le maire, Pierre Babut, sans étiquette. Nous arrive une population rejetée par les grandes villes, sans emploi, dans des situations difficiles ». Dans les quartiers pavillonnaires, où « il y a un fort turn-over », selon le maire, vivent des classes moyennes venues acheter une maison, mais qui s’épuisent dans de longs trajets quotidiens vers leur travail. « Sommes-nous en déclin social ? La question mérite d’être posée », admet-il. Les habitants ont à leur manière répondu, à l’occasion des élections départementales : à Souppes, le Front national a recueilli 47 % des voix au second tour face à la droite (53 %), et 42 % sur l’ensemble du canton de Nemours.

Le maintien d’une offre médicale est devenu une des priorités de la mairie. Un projet de maison de santé commence à prendre forme. Avec la construction d’un supermarché Auchan, c’est le principal projet de la mandature de Pierre Babut. Le site est choisi, les architectes commencent à dessiner les plans. Le tour de table financier est presque bouclé : « C’est un projet à 1,8-2 millions d’euros pour une maison de 700 mètres carrés, explique Pierre Babut. L’État, via la préfecture, débloquerait une subvention de 400 000 euros, la région 200 000 euros, le conseil général 300 000 euros. La commune devrait emprunter 1 million d’euros, pas plus », détaille le maire. Elle percevrait ensuite le loyer des professionnels de santé qui couvrirait l’emprunt, en partie seulement. Seule la directrice générale des services, Sylvie Legros, émet une critique : « La santé n’est pas une compétence municipale. » Cet investissement vient corriger un dysfonctionnement majeur de l’organisation du système de soins, qui est une compétence de l’État et de l’assurance maladie. Et il s’inscrit en prime dans un contexte de baisse des dotations budgétaires de l’État : Souppes voit ainsi fondre son budget de « 20 %, soit 1 million d’euros sur trois ans », explique Pierre Babut.


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