Actualité : Désertification médicale … des questions sans réponse !

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Actualité : Désertification médicale … des questions sans réponse !

Je viens d’assister comme plus de centaine habitant à la réunion publique organisée par la municipalité. Il s’agit d’une réunion de concertation relative à la désertification médicale du canton de Chârost / Saint-Florent-sur-Cher. Cette réunion c’est tenue le vendredi 30 janvier 2015 à 20 h 30, Grande Salle Roseville.

Y étaient invités tous les professionnels et partenaires de la santé sans oublier la population (sous réserve qu’elle en ai pris connaissance comme lectrice du Berry ou en accédant au site web de la ville).

Cette réunion vous (les habitants) concerne également, aussi c’est bien volontiers que la Municipalité vous invite à y participer pour échanger et faire part de vos idées sur le sujet qui aujourd’hui interroge chacun d’entre nous.

Bien sur que cela nous concerne au premier plan. Au même titre que l’eau et l’assainissement, ce sujet (l’accès aux soins) concerne pratiquement 100% de la population et peu d’entre nous ne font pas appel aux professionnels de santé.

Donc une réunion avec beaucoup de questions, beaucoup d’interrogations, une réalité et peu de solutions.

S’agissait-il d’un coup de com(munication) de la majorité municipale de Saint-Florent-sur-cher en cette période d’élections ou était-ce une réelle volonté de solutionner le problème ?

L’approche n’est visiblement pas à la hauteur de la gravité de la situation.

Quelques éléments de réflexion et de contexte.

 

Sur la forme :

Lorsque dans le Florentais de Décembre 2014 j’ai lu la réponse à la « Lettre Ouverte des 4 médecins du canton de Chârost », lettre qui n’avait pas été rendue publique (lire la Lettre Ouverte), j’ai été choqué par le titre « Réponse du groupe majoritaire de la municipalité » !!!
Dans le même journal, nous avions également, dans le cadre de l’expression des groupes de l’opposition, un petit article du groupe « Nouvel Essor pour Saint-Florent » évoquant la même problématique de la désertification médicale de notre canton et leur participation à la 3e conférence régionale des maisons de santé.

Il est quand même bon de rappeler que notre département, le Cher est l’un des départements français qui a perdu le plus de médecins généralistes entre 2007 et 2014 avec -9,7%. Tout comme ses départements limitrophes : Nièvre -11,9%, Creuse -11,2% et Indre -11,9%, nous faisons tous partis du triste classement de la désertification médicale avec les toutes dernières places si l’on s’exclue le Gers. Autrement dit, notre département et toute la région Centre (géographiquement parlant) est concernée par ce dramatique phénomène qui ne date, malheureusement pas, d’hier.

→ Comment, face à un tel problème, nos élus, dans leur totalité, ne nous ont-ils pas proposé une démarche commune et collective, faisant fi des clivages politiques et des différences entre individus.

→ Comment notre maire, qui aime nous rappeler qu’il est aussi conseiller général du canton de Chârost (se représentant comme conseiller départemental en mars prochain), n’a-t-il pas saisi cette opportunité d’ouverture et de partage pour traiter un sujet qui touche bien évidemment Saint-Florent-sur-Cher mais aussi toutes les communes du canton et même bien au delà dans notre département. Pourquoi s’obstiner à faire cavalier seul et ne pas entendre les propositions qui lui sont faites de collaboration bénévole.

Dans un article précédent pourtant sur Mon engagement en faveur de la Démocratie Ouverte (cliquez pour lire), j’écrivais :

… Je suis personnellement convaincu de la pertinence et de la force des citoyens rassemblés dans une démarche collective structurée…

Dans une Lettre Ouverte d’Avril 2014 (cliquez pour lire) adressée au Maire et à nos élus de Saint-Florent-sur-Cher et à ceux de la Communauté de Communes FerCher, je les interpellais et leur proposais de travailler ensemble :

«… redynamiser le dialogue entre élus et citoyens. En permettant de passer d’une relation unidirectionnelle, dans laquelle la commune produit et diffuse l’information aux citoyens, à une relation bidirectionnelle basée sur le partenariat, dans laquelle les citoyens sont activement engagés dans le processus d’élaboration des politiques locales …»

Quand la majorité des maires sont en train d’installer cette relation bidirectionnelle, à Saint-Florent-sur-Cher et à la communauté de communes FerCher vous n’avez même pas atteint le minimum de la relation unidirectionnelle où la diffusion de l’information aux citoyens fait cruellement défaut.

Je vous propose, ensemble, de faire évoluer nos communes et ses pratiques vers plus de transparence, de communication et plus d’interaction. Je reste dans l’attente de vous rencontrer sur ces thèmes.

Si fin Avril, soit un mois après les élections, il me semblait évident de travailler ensemble (citoyens et élus), cela est encore plus vrai aujourd’hui.

Je le répète, je doute fort que 29 élus qui rament en sens opposé, où du moins pas ensemble, qui sont peu informés et pour certains, peu présents peuvent-ils se suffire à eux-même. Idem pour le personnel territorial qui doit obéir au doigt et à l’œil mais à qui ont à surement peu inculqué le « travailler ensemble » et la prise d’initiatives.

 

Sur le fond :

Arriver en réunion publique avec une liste à la Prévert des démarches passées (bien souvent non suivies, non relancées, donc non gérées et obligatoirement inefficaces) avec encore une fois un « bureau municipal » face au public représentant le seul groupe majoritaire de la commune de Saint-Florent-sur-Cher alors que cette situation de désertification médicale, je cite notre maire « s’impose comme une priorité à la municipalité » et je rajouterais « toute entière ! ».

Des adjoints et des maires des autres communes sont pourtant bien présents dans la salle tout comme des professionnels de santé de tout le canton.

–> Aucun représentant ni des autorités de santé ARS du Cher et ARS du Centre, ni des collectivités territoriales et notamment de FerCher Pays Florentais regroupant pratiquement 12.000 habitants sur les 14.000 habitants du canton de Chârost, mais aussi aucun représentant des collectivités territoriales de notre département et de notre région.
à Comme si d’aucun n’avait entendu parler de l’actuelle réforme territoriale qui vise à mutualiser intelligemment les composants de notre actuel « millefeuille territorial » afin de le rendre plus efficace et moins dispendieux au regards de l’impact financier des doublons existants.

C’était une situation rêvée, une cause suffisamment large, non clivante, consensuelle et d’une priorité absolue pour rassembler, avant cette réunion, un groupe de travail et un dispositif adaptatif regroupant l’ensemble des parties prenantes : communes, professionnels de santé, usagers et éventuellement le support de quelques politiques qui savent si bien se mobiliser lors des réunions de campagnes électorales.

Ce groupe de travail aurait présenté sa mission, les élus auraient confirmés leur saisine et les moyens mis en œuvre. Ce groupe nous aurait dressé un état de la situation, des besoins qui vont bien au delà que d’UN SEUL médecin et nous aurait enfin demandé de réfléchir ensemble comme nous l’avons fait, aurait lancé un appel au public pour renforcer le groupe en bénévoles et compétences et, pour conclure, nous aurait présenté sa démarche, quelques échéances et des dates de prochaines réunions d’avancement.

Un groupe de travail avec un comité de pilotage, rien de très nouveau lorsque l’on doit traiter un sujet avec de nombreux problèmes et axes de travail, mais surtout lorsque l’on veut faire avancer réellement et débloquer cette situation en y apportant des solutions.

Un groupe de travail mutualisé pour toutes les communes du canton, voire celles des cantons adjacents.

 

Sur le plan des besoins :

Il est évident que pour de multiples raisons ce n’est pas UN MEDECIN dont on a besoin mais de PLUSIEURS MEDECINS.

Plusieurs car la situation est déjà catastrophique. Chârost vient de perdre du médecin qui faisait des horaires insoutenables. Saint-Florent-sur-Cher va perdre un médecin fin Juin 2015, médecin qui maintien son activité tout en étant déjà en retraite (merci à lui).

De plus la situation sur les autres cantons n’est pas meilleure. Dans le Berry du 4 Février 2014 nous apprenions que Chateauneuf-sur-Cher était en recherche active d’un voire deux médecins (lire l’article du Berry).

De plus, nous n’avons aucune garantie que les médecins actuels vont attendre gentiment que l’on trouve des remplaçants. Ce sont des professions libérales et personnellement ils ne sont pas à l’abri de problèmes qui les empêcheraient d’exercer. Ils sont aussi libres de partir ailleurs, de « dévisser » leur plaque, de trouver un emploi moins stressant en choisissant de rejoindre un hôpital ou une clinique. Les risques sont grands, surtout si la pression monte.

Notre maire a aussi bien insisté sur le fait que nos médecins ne font pas grand chose pour trouver des successeurs. Point délicat qu’il faut néanmoins aborder. Il est légitime de se poser la question : pourquoi les professionnels et les commerçants devraient-ils eux-même trouver un remplaçant ? Ont-ils obligation de le faire ? Quand vous êtes parti(e)s en retraite, avez-vous recruté vous-même votre remplaçant où avez-vous seulement passer les dossiers et les quelques consignes d’usage ?

Ce qui est certain est que les patientèles (ensemble des patients d’un médecin) ne se monétisaient pas jusqu’à dans les années 2000. Le sont-elles aujourd’hui ? Reprendre un cabinet ‘équipé’, pourquoi pas, mais aujourd’hui presque tous exerces dans leur maison particulière aménagée pour leurs activités. Évaluer une patientèle médicale ou un fond de commerce est ce qu’il y a de plus difficile car les paramètres sont nombreux : emplacement, concurrence locale, évolution du chiffre d’affaires et bénéfices, frais et charges, conjoncture économique, conjoncture des crédits professionnels bancaires, évolution de la législation tarifaire de la profession, etc. … En cherchant, pour un cabinet d’un médecin généraliste, on trouve des estimations variant entre 30 et 40% de la moyenne des 3 derniers chiffres d’affaires annuels. Ce n’est donc pas nul ! Alors pourquoi les médecins, au titre de cette contrepartie, ne feraient-ils pas les efforts de recrutement d’un successeur ? Ne faut-il seulement que mettre à disposition des nouveaux venus un local voire une habitation (solution retenue par Chateauneuf-sur-Cher : un local médical, accès PMR réalisé, habitation au dessus du cabinet, pas de loyer pendant 1 an).

Certes il nous manque des médecins généralistes, mais qui serait contre l’arrivée d’un ophtalmologue par exemple (3 à 6 mois d’attente d’un RDV pour ceux de Bourges). Je suis persuadé, qu’il y aurait de la place pour d’autres spécialistes. Donc un couple de médecins aux spécialités identiques ou différentes serait aussi les bienvenus.

Ce point précisément a été plusieurs fois évoqué. En effet compte-tenu de la durée des études et des lieux des universités, les jeunes médecins sont très souvent en couple, voire avec des enfants, à la fin de leurs parcours. Il faut donc accueillir « cette famille » et encore plus « la faire venir ».

La génération actuelle de médecin ne travaillera pas non plus comme les anciens. Fini les kilomètres en voiture, fini le travail en soirée, fini les gardes de Week-End. La qualité de vie vaut pour tous. Elles vaut encore plus pour les professions libérales.

Là on touche au point cruciale de l’attractivité.

 

Sur le plan de l’attractivité :

Il semblerait que notre territoire ne soit pas attractif bien que certains y vivent.

Mais est-il attractif pour des médecins qui n’ont, en fait, que l’embarras du choix.

En sans médecin, notre territoire ne sera pas plus attractif pour ses habitants. ils partiront et avec eux la richesse : moins d’impôts ou plus d’impôts pour ceux qui restent, sans compter la prochaine ‘super’ baisse des dotations type DGF, moins d’enfants, donc moins de classes ouvertes, etc. … L’attractivté est un vaste sujet qu’il faudra aborder, à défaut de le traiter, dans ce cadre de cette recherche de médecins.

Si l’on regarde l’annonce passée sur notre site web de la ville on peut remarquer une nouvelle rubrique (en bas, à gauche) intitulée « La Ville cherche un médecin ».

Si ce n’était pas si grave on pourrait presque rire de la façon de présenter l’attractivité de notre commune sous ses plus beaux attributs. A vous de juger, si une telle description est de nature à attirer plusieurs médecins.

La Ville cherche un medecin

Eh oui … une biodiversité, un viaduc, un cadre de vie remarquable, une route nationale qui relie la Suisse à l’Atlantique (vous pouvez aussi prendre l’Autoroute, c’est plus cher mais beaucoup plus rapide !). Nous sommes aussi à mi distance entre la Belgique et l’Espagne … pourquoi n’en parlons nous pas ?

Bref, nous sommes au milieu de tout et … de rien en fait ! Nous ne sommes ni Saint-Florent-sur-Mer, ni Saint-Florent 1800.

Si nous sommes au sud de Bourges (comme le décrit la petite annonce ci-dessous) et si l’on regarde ce qu’il se passe à Bourges : c’est hausse des impôts, hausse des tarifs municipaux, suppression d’évènements culturels majeurs, …

Et où sont les infrastructures de soins ? Un médecin généraliste n’est pas un médecin spécialisé. Il lui faut pouvoir envoyer ses patients chez des spécialistes, dans des structures adaptés (hôpitaux, cliniques, radiologues, CHU, etc …). Il faut aussi parler des pharmacies, des kinésithérapeutes, des centres de rééducation, des infirmiers, des maisons de retraites, etc …

Bon vous avez compris, je suis persuadé que nous aurions pu faire plus attractif comme « Recherche d’emploi ».

Et en fouillant encore plus, sur Internet on trouve facilement un site web spécialisé dans les « offres d’emploi pour les professions de santé » http://www.annonces-medicales.com

Sur ce site, un accès rapide « Communes cherchent médecin » n’apporte aucun signe comme quoi notre ville recherche un médecin.

Fouillons encore et là on trouve une annonce anonyme qui semble concerner Saint-Florent-sur-Cher, mais pas certain, pour céder 2 patientèles pour cause de départ en retraite. L’annonce a été passé le 30 Octobre 2014. Elle concerne des départs en retraite au 1er Janvier 2015 et au 1er Juillet 2015. On sait par ailleurs que le Dr Macet de Lunery a trouvé un successeur.

Annonces-medicales

 Il faut travailler cette attractivité.

Même si l’attractivité n’est pas notre point fort, ne perdons pas espoir. Sachons que la liberté de choix des futurs médecins n’est pas toujours possible et que les impératifs économiques peuvent parfois l’emporter surtout pour les jeunes praticiens contraints par le temps. Par ailleurs, des restrictions contractuelles (clauses de non concurrence précédemment signées), déontologiques ou conventionnelles peuvent limiter leur choix. Il faudrait peut-être préparer un dossier « clé en main » de type étude de marché pour les potentiels arrivants (Éléments d’une étude démographique pour la constitution d’un Business Plan à l’installation d’un médecin).

 

Sur le plan politique :

C’est l’embarras du choix ! Et pourtant la concorde territoriale ne semble pas jouer. Pourquoi donc élire des représentants s’ils n’ont aucun pouvoir – contrairement à leur titre et engagements de campagne.

Calculez : Un maire communiste qui se veut rassembleur des forces de Gauche (et écologistes !) aux prochaines élections départementales, associé dans sa majorité municipale par la gauche « traditionnelle » socialiste devrait à minimum peser de tout son poids sur les instances territoriales : département socialiste, région socialiste, député communiste pour notre canton et député socialiste pour les cantons du sud du département. Sans compter un gouvernement socialiste qui devrait, là aussi, être du côté de tous ces élus.

Et puis il y avait les promesses de campagne : plus ou moins bonnes, plus ou moins vague. Jugez pas vous même.

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Tableau : extrait du promessomètre à 100 jours pour la commune de Saint-Florent-sur-Cher sur la thématique Santé. Ce tableau sera réactualisé à fin 2014. En attendant voyant l’évolution de quelques promesses ‘Santé’

– Rechercher des médecins : de «En Cours de Réalisation» à «En Doute» compte-tenu que l’arrivée prochaine (info Mars 2014) d’un médecin n’était pas sérieuse,

– Construction d’une maison de santé pluriprofessionnelles : de «En Doute» à «Brisée» compte-tenu du renoncement de la municipalité à la construire (info donnée en réunion publique le 30 Janvier 2015),

– Favoriser le maintien à domicile des personnes âgées : de «En Doute» car pour ce faire il faut plus de médecin qui se déplacent sans compter aux autres métiers tels les aides à domicile (type ADMR) qui ne travaillent pas les WE et les jours féries. Comment faire pour des personnes âgées ou seules sans assistance. Les infirmiers sont en se moment en pleine charge voir limite débordés.

 

Sur le plan financier :

Si l’on regarde nos voisins berruyers, un maire de centre-droit arrive à récupérer entre 12 et 14 millions d’euros de fonds publics pour une Maison de la Culture. Je vous laisse faire le lien entre besoins de la population et importance de tels investissements : de l’État (6M€), de la région (6M€) et du département (entre 2 et 4 M€).

Dans le même moment, notre Maire nous dit ne pas pouvoir construire de Maison Médicale car cela couterait trop cher. Il nous dit que faire appel à des professionnels du recrutement pour trouver des médecins et passer des annonces couterait entre 20 et 40.000 €. Il nous dit aussi que ce serait les Florentais qui devraient payer tout cela via une énième hausse des impôts locaux.

Il y a deux ans on construisait sur le territoire de l’intercommunalité FerCher, à Saint-Caprais un gymnase ou plutôt des terrains de tennis couverts pour un coût initial de 800.000 € pour finir à plus de 2.200.000 €. Et malgré cela, parce que ce choix est très discutable, il faudra quand même construire un gymnase pour nos collégiens notamment. Tout, cet argent, n’aurait-il pas pu être mieux employé, mieux investi, pour le bien de TOUS ?

En 2015, la DGF (Dotation Globale de Fonctionnement) baissera encore plus qu’en 2014 (3,7 Md€ en 2015 au niveau national contre 1,5 Md€ en 2014). Cela ne va pas aider les finances de la commune. La réponse à la première baisse a été une hausse des impôts et donc une aggravation de l’austérité. On sait où mène l’austérité !!!

Je ne suis pas certain que ses propos et ce discours soit très positif. Nous avons des moyens, des savoirs-faire.

Il ne reste peut-être que la volonté politique de solutionner ce problème.

 


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