Actualité : Saint-Florent-sur-Cher risque majeur, nos médecins disparaissent !

Lettre Ouverte 4 MEDECINS DU CANTON DE CHAROST

Actualité : Saint-Florent-sur-Cher risque majeur, nos médecins disparaissent !

Avec la remise de la médaille de la ville de Saint-Florent-sur-Cher au Docteur Babut pour ses 40 ans de service dans notre canton, il ne vous aura pas échappé que le départ en retraite, sans successeur, de nos médecins est la préoccupation prioritaire des habitants.

Si vous étiez présents aux voeux du Maire, ce dernier a déclaré qu’à ce jour aucune solution était en vue, qu’il y avait des réunions en cours avec les partenaires de santé, mais qu’à ce jour les médecins généralistes étaient en voie de disparition sur notre commune, dans notre canton et même dans notre département.

Petit rappel de la situation :

Le 12 Octobre 2014, nous écrions sur ce blog un article intitulé «Post : La Santé nous est «Cher» mais manque d’attractivité»

Car, si les effectifs médicaux sont stables, une analyse régionale, voire départementale, fait apparaitre de grandes disparités, et met en lumière des déserts médicaux. Sur la période 2007-2014, la région Ile-de-France enregistre la plus forte baisse de médecins, soit -5%, tandis que la région Pays-de-la-Loire recense la plus forte hausse, soit +5,3%.

Néanmoins la baisse du nombre de médecins généralistes (MG) s’accentue par rapport aux autres spécialités  : -6,6% France entière 2007-2014.

À l’échelle départementale, l’Indre et la Nièvre (-11,9%), le Gers (-11,5%), la Creuse (-11,2%), le Cher (-9,7%) sont les départements qui perdent le plus de médecins.

Vous aurez noté, qu’à part le Gers, les autres départements : le Cher, la Nièvre, la Creuse et l’Indre sont tous limitrophes. C’est pour dire si notre région Centre (au sens géographique) est en mauvaise santé sur son critère d’attractivité.

Le 20 Octobre 2014, les 4 médecins qui resteront sur notre canton à fin 2015 publiait une «Lettre Ouverte» (visible dans les cabinets médicaux et reformatée sur ce blog pour en faciliter la lecture) à l’attention de tous nos responsables concernés (politiques, État, autorités de Santé).

Cette lettre ouverte précise la situation depuis 1992 avec 10 médecins pour 14.000 habitants pour le canton de Charost, puis 7 médecins en 2014, mais avec les départs prévus des Dr. Babut, Dr. Macet et Dr. Fau, il restera fin 2015 que 4 médecins pour 14.000 habitants, soit 1 médecin pour 3500 personnes, ce qui revient à doubler l’activité des médecins restants. Situation impossible sur le plan humain et médical !

Il est bien certain qu’ils ne pourront pas absorber quelques 7500 patients en plus. Les tensions et insatisfactions se multiplieront.

Dans moins de 10 ans, compte tenu de leur âge respectif et sans successeurs, il n’y aura plus d’accès aux soins sur le canton de Charost.

Note : il faut noter qu’1 habitant n’est pas 1 patient. Aujourd’hui, les médecins de notre canton font entre 4.500 et 6.000 actes par an (1 acte => voir une fois un patient en cabinet ou au domicile de celui-ci). Passer de 7 médecins à 4 médecins c’est doubler leur activité, leur temps de présence. C’est physiquement impossible !!!

Nos 4 médecins appelaient à l’urgence, tous les acteurs de la santé publique pour qu’ils agissent immédiatement de façon à éviter une situation catastrophique sur le plan médical et humain.

Début Décembre 2014, dans le journal municipal « Le Florentais » du mois de Décembre 2014 (page 8), le Groupe Majoritaire de la Municipalité de Saint-Florent-sur-Cher formulait cette réponse :

Messieurs,
Vous avez souhaité appeler notre attention sur le devenir de la médecine générale dans notre canton. Vous considérez, à juste titre, qu’un processus de désertification médicale s’est enclenché ; et qu’avec le vieillissement des médecins aujourd’hui en activité, l’offre de soins va rapidement devenir insuffisante sur notre territoire et impossible à gérer pour vous, médecins.

Comme vous, nous avons très à cœur, vous le savez, l’amélioration des conditions de vie de nos concitoyens, et nous souhaitons donc qu’ils puissent bénéficier d’une offre de soins de qualité sur notre commune et dans notre département.

Les communes ainsi que le conseil général n’ont pas en soi la compétence “ santé ” …

Dès le début du 3ième paragraphe le ton était donné : ce n’est pas de notre compétence !!!

Et pourquoi « Le groupe majoritaire » ? Est-ce que l’opposition municipale a une autre position ou des solutions ?

Début Janvier 2015, en allant sur le site web de la ville on peut remarquer une nouvelle rubrique (en bas, à gauche) intitulée « La Ville cherche un médecin« . Si ce n’était pas si grave on pourrait presque rire de la façon de présenter l’attractivité de notre commune sous ses plus beaux attributs. A vous de juger, si une telle description est de nature à attirer plusieurs médecins.

La Ville cherche un medecin

Eh oui … une biodiversité, un viaduc, un cadre de vie remarquable, une route nationale qui relie la Suisse à l’Atlantique (vous pouvez aussi prendre l’Autoroute, c’est plus cher mais beaucoup plus rapide !). Nous sommes aussi à mi distance entre la Belgique et l’Espagne … Bref, nous sommes au milieu de tout et … de rien en fait ! Si nous sommes au sud de Bourges et si l’on regarde ce qu’il se passe à Bourges : c’est hausse des impôts, hausse des tarifs municipaux, suppression d’évènements culturels majeurs, …

Et où sont les infrastructures de soins ? Un médecin généraliste n’est pas un médecin spécialisé. Il lui faut pouvoir envoyer ses patients chez des spécialistes, dans des structures adaptés (hôpitaux, cliniques, radiologues, CHU, etc …). Il faut aussi parler des pharmacies, des kinésithérapeutes, des centres de rééducation, des infirmiers, des maisons de retraites, etc …

Bon vous avez compris, je suis persuadé que nous aurions pu faire plus attractif comme « Recherche d’emploi ».

En fouillant un peu plus sur le site web de la ville – dans un bandeau défilant en haut à droite du site – on tombe sur un message de la municipalité un peu plus sérieux, je cite :

Comme vous l’avez constaté un processus de désertification médicale s’est enclenché au plan national et notre commune n’est malheureusement pas épargnée par ce phénomène.

La situation médicale est donc très préoccupante et le devenir de la médecine générale dans notre canton est plus qu’incertain. En effet, avec le vieillissement des médecins aujourd’hui en activité, l’offre de soins va devenir rapidement insuffisante sur notre territoire et impossible à gérer par les médecins restant en exercice.

Comme vous le savez, la Municipalité a très à cœur de contribuer à l’amélioration des conditions de vie de ses concitoyens en souhaitant qu’ils bénéficient d’une offre de soins de qualité et surtout bien présente sur la commune et au niveau de notre département.

Prévoyante et consciente de cette véritable problématique, elle a déjà depuis longtemps engagée diverses démarches afin de palier à cette situation.

Cependant, la Municipalité affirme que les professionnels de santé doivent occuper une place essentielle auprès d’elle et formuler des propositions dans le cadre d’une recherche conjointe et active pour trouver les meilleures solutions pour enrayer cette problématique pour demain.

C’est pour cela qu’elle organise une réunion de concertation relative à la désertification médicale du canton de Chârost / Saint-Florent-sur-Cher, le vendredi 30 janvier 2015 à 20 h 30, Grande Salle Roseville à laquelle sont invités tous les professionnels et partenaires de la santé.

Cette réunion vous concerne également, aussi c’est bien volontiers que le Municipalité vous invite à y participer pour échanger et faire part de vos idées sur le sujet qui aujourd’hui interroge chacun d’entre nous. Elle fait également appel aux enfants de Florentais aujourd’hui médecin ou sur le point de le devenir qu’ils s’associent à elle pour sensibiliser les pouvoirs publics sur les conditions de travail auxquelles seront confrontés les médecins, à très court terme, si les choses ne devaient pas avancés dans le sens d’une médecine de qualité et disponible pour tous.

Et en fouillant encore plus,, sur Internet on trouve facilement un site web spécialisé dans les « offres d’emploi pour les professions de santé » http://www.annonces-medicales.com

Sur ce site, un accès rapide « Communes cherchent médecin » n’apporte aucun signe comme quoi notre ville recherche un médecin.

Fouillons encore et là on trouve une annonce anonyme qui semble concerner Saint-Florent-sur-Cher, mais pas certain, pour céder 2 patientèles pour cause de départ en retraite. L’annonce a été passé le 30 Octobre 2014. Elle concerne des départs en retraite au 1er Janvier 2015 et au 1er Juillet 2015. On sait par ailleurs que le Dr Macet de Lunery a trouvé un successeur.

Annonces-medicales

Les Solutions, les contraintes et les Risques

Cet aspect sera plus longuement développé suite à la réunion du 30 janvier 2015.

Nous savons déjà :

  • que la recherche par annonce via les réseaux internet est possible mais devrait être plus attractive et argumentée,
  • que la recherche par relation est possible (invitation des parents d’enfant suivant des études de médecines à venir se former et exercer chez nous),
  • que le Conseil Départemental à un programme pour favoriser l’installation de jeunes médecins sur notre département (http://www.cg18.fr/Favoriser-l-installation-de) mais pas spécifiquement sur Saint-Florent-sur-Cher,
  • que la recherche via les CHU n’a rien donné à ce jour,
  • qu’il faut peut-être faire appel à des médecins étrangers,
  • que les médecins actuels (ceux qui ont dû dépenser dans l’installation de leur cabinet sans l’aide de ville) ne sont peut-être pas favorables à quitter leur cabinet pour aller occuper une place dans une « Maison Médicale » qui leur couterait, à nouveau, financièrement,
  • que la ville n’a pour l’instant pas lancé la construction d’une maison médicale,
  • que les médecins actuels sont obligés de faire des gardes imposées par l’ARS du Cher, ce qui n’est pas le cas dans d’autres départements,
  • que les médecins actuels peuvent, à titre personnel, décider de partir s’installer où ils le souhaitent. Ils n’ont plus de contraintes réglementaires et sont libres d’exercer leur métier où ils veulent,
  • que les médecins actuels peuvent « «dévisser » leur plaque et ne plus avoir à subir les contraintes de l’administration de santé (CPAM). Ils peuvent être remplaçant d’autres médecins ou salariés d’un établissement de santé à Bourges ou ailleurs (avec moins de contraintes et des formations assurées),
    –> A lire comment en 2010, 903 médecins ont dévissé leur plaque pour ne pas y laisser leur peau !
    –> A lire, en 2014 «Dévisser ma plaque ? Bien sûr, j’y pense !»

Certains médecins sont très tendus mais ils continuent à nous soigner avec attention et bienveillance. Comme on le voit, la situation n’est guère facile. Faut-il pour autant ne pas tout tenter de trouver des solutions ?


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  • Six maisons de santé sont annoncées dans le Cher en 2020

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    La maison de santé du Sancerrois a ouvert ses portes le lundi 16 septembre 2013. – GHERARDI Chloe
    La maison de santé du Sancerrois a ouvert ses portes le lundi 16 septembre 2013. – GHERARDI Chloe

    Afin de lutter contre la désertification médicale, la Région et le conseil général souhaite encourager la création des maisons médicales.

    Six. Il y aura donc six nouvelles maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP), d’ici à 2020, dans le Cher. Le chiffre avancé par l’Agence régionale de santé* est donc confirmé.

    En effet, les maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP), les élus y croient dur comme fer. L’une des solutions, selon eux, passe par le regroupement. Cinq MSP ont déjà été créées dans le Cher : Avord, La Guerche-sur-l’Aubois, Mehun-sur-Yèvre, Sancerre, Sancoins. Une autre est en cours de création, au Val d’Auron, à Bourges.

    40 maisons déjà en service en région Centre
    Six autres maisons de santé pluriprofessionnelles sont inscrites au contrat de plan État/Région pour la période 2015-2020. L’objectif étant d’assurer un meilleur maillage du territoire. Pour ce faire, les élus ont signé un partenariat avec l’ARS il y a deux ans. « Il s’agit de travailler de manière transversale, annonce Pascal Goudy, conseiller général. Ce qui n’est pas forcément une évidence en France, avec nos vieilles institutions. »

    Philippe Fournié, vice-président en charge de la santé à la Région, se souvient du lancement du projet. « Il y a cinq ans, notre idée de multiplier les MSP faisait sourire. Pourtant, aujourd’hui, 40 maisons de santé sont en service. » Et les élus se sont rendus compte que cette solution répondait au problème crucial de la désertification. « Dans l’Indre, qui a été plus rapide que nous, on voit la courbe des professionnels de santé s’inverser car il en va d’une nouvelle façon de pratiquer la médecine de premier recours », ajoute ce dernier. L’objectif étant de lancer des bouées aux professionnels sur notre territoire.

    Le conseiller régional dresse un autre constat : « Une nouvelle façon d’exercer la médecine s’est dessinée. » Philippe Fournié fait ainsi référence à l’apparition de nouvelles méthodes. Les maisons médicales débouchent sur une délégation de tâches et un travail en collaboration. « Les médecins, spécialistes, ou autres infirmières ne sont pas là tout le temps, il y a besoin d’avoir une bonne connaissance du dossier médical », remarque Philippe Fournié.

    En clair, les maisons médicales permettent aux élus de mailler l’ensemble du territoire à travers une nouvelle vision de la pratique médicale.

    • myszkiewicz

      toutes les parties concernées doivent travailler ensemble afin de trouver une solution a ce problème, pour cela il faut une bonne entente de part et d’autre, je pense que cela nous à un peu manquer voilà pourquoi nous somme dans cette situation ,

  • Ne serait-il pas possible au niveau de notre territoire (communeS, canton et EPCI) de dédier un ‘personnel’ – un élu et un employé – pour prendre en charge ce sujet sur toutes ces dimensions : attractivité, annonces, recrutements, recherche locaux, définition des besoins, équipements, structures, conditions d’exercice, conditions de vie, anticiper le départ des autres médecins, modes de fonctionnement, liens et relations avec les structures CHU, autorités de santé, etc. …
    On voit aujourdh´hui qu’un VRAI sujet attire énormément de monde (comparé aux comités de quartiers).
    C’est donc un sujet qui mérite une mobilisation d’urgence de la part des Collectivités Territoriales.

  • Annonce dans LeBonCoin de nos voisins chârostais :

    Les Chârostais et Chârostaises, accueilleraient à bras ouvert parmi eux un médecin, seul ou avec sa famille.

    http://www.leboncoin.fr/services/739203101.htm

    La commune dispose :

    – de tous les commerces de proximité : pharmacie, épiceries, boulangerie,
    agence postale, salon de coiffure, bar-tabac, brocanteur, restaurants,
    garages, ainsi que d’une agence immobilière.
    – d’un réseau associatif dynamique et d’une vie festive dense, organisée tout au long de l’année, été comme hiver.

    Les professionnels de santé actuellement en place sur la commune :
    – Un médecin généraliste (jusqu’au 31 décembre 2014)
    – Un cabinet d’infirmiers libéraux
    – Un kinésithérapeute

    L’hôpital le plus proche est à 10 km (Issoudun) et le Centre Hospitalier de Bourges est à 25 km

    La commune dispose également d’un Centre d’Incendie et de Secours d’une trentaine d’hommes et de femmes.

    La commune est riche actuellement de 110 enfants scolarisés, qui disposent d’une école
    maternelle et d’une école primaire mais également de structures périscolaires ainsi que d’un Centre de Loisirs. Egalement, trois collèges sont situés dans un périmètre de 10km.

    Chârost, village au coeur de France, en plein centre de l’ancienne province du Berry, que
    constituent les départements du Cher et de l’Indre, est à mi-chemin entre Bourges et Châteauroux. Chârost est riche d’un bassin de population de 14 000 habitants.

    Chârost est traversé par la RN151 reliant Auxerre à Poitiers, ainsi que par six axes départementaux.

    Chârost est à 230 km de Paris, 200 km de Clermont-Ferrand, 160 km de Tours, 120 de Orléans, à 300 km de la côte Ouest pour les vacances d’été et à 240 km des stations
    de ski.

    Maintenant c’est à vous,

    Pour plus de renseignements ;
    Mairie de Chârost
    Place de la Mairie
    18290 Chârost
    Tel : 02.48.26.20.26 Tel : 06.58.76.32.16