Billet d’Humeur : Collectivité 2.0

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Collectivité 2.0

Les collectivités sont à un moment charnière de leur existence. Elles font face à la crise des finances publiques, à de multiples mutations organisationnelles, et à l’émergence d’un citoyen de plus en plus exigeant.

Alors que le numérique constitue un vrai levier pour se transformer, force est de constater qu’elles ne doivent rien attendre du politique. Elles devront se transformer de l’intérieur.

Les collectivités ne doivent pas compter sur les candidats actuels

Le numérique pleinement intégré dans les dispositifs de campagne mais une présence assez timide et attendue du numérique dans les programmes
– Le numérique pour gagner une campagne ? Oui
– Le numérique pour faciliter la vie des citoyens usagers ? En partie
– Le numérique pour transformer la collectivité et l’aider à être plus efficace ? Pas encore

Si 60% des programmes mentionnent le numérique (87% pour les villes de plus de 200 000 habitants), ils se concentrent quasi exclusivement sur des sujets non disruptifs tels que le guichet unique, l’optimisation du site web de la ville, l’équipement des écoles ou encore le développement du haut débit.

Aujourd’hui aucun candidat ne place le numérique comme un véritable vecteur d’efficacité pivot, à l’heure pourtant où les collectivités ont tout intérêt à s’appuyer sur lui pour se transformer, en maîtrisant des dépenses déjà fortement contraintes.

Il en va de la responsabilité des acteurs politiques locaux, qui vont sur la prochaine mandature avoir la tâche ardue de continuer à améliorer le service rendu à l’usager dans ce contexte difficile. Mais jeter la pierre sur les candidats actuels ne résout rien, il s’avère que la prise de conscience n’a pas opéré sur les équipes actuelles.

Déjà en 2005, les associations d’élus et de collectivités souhaitaient développer l’administration en ligne pour : «conduire à une plus grande efficacité administrative, et une amélioration du service rendu au citoyen» (*). Près de 10 ans plus tard, où en sommes-nous ?

Une étude sur le niveau actuel de dématérialisation des 25 plus grandes villes de France, montre que le constat est sans appel (voir image d’entête). Le niveau moyen de sophistication est de 1,77 sur une échelle de 0 à 5 proposée par la Commission Européenne.

La transformation numérique ne prendra tout son sens et ne portera ses fruits que si elle s’opère avant tout en interne.

C’est avant tout une décision de politique locale.

De nombreux projets sont à mettre en œuvre sur le territoire, la réduction de la fracture numérique en premier lieu. Mais l’enjeu majeur n’est pas seulement d’apparaître comme moderne à l’extérieur. Il est surtout temps de s’appuyer sur le numérique pour changer de l’intérieur. Pour franchir ce cap, six priorités sont à prendre en compte :

  1. Adopter une nouvelle gouvernance : avoir un élu de 1er plan en charge du numérique et de la transformation organisationnelle associée, rattacher les DSI aux DGS, placer la Direction de la Communication comme animateur du territoire.
  2. Mobiliser l’expertise des praticiens : travailler avec les usagers et les agents, émanciper les exécutants, développer les compétences internes plutôt que de s’appuyer sur des prestataires de bout en bout des projets.
  3. Renouveler le management public : remettre des Hommes devant les fonctions, responsabiliser les agents – au sens de « je suis en charge de » – libérer leur prise de parole, reconnaître et valoriser le leadership.
  4. Révéler le potentiel d’engagement des agents : s’appuyer sur leur « sens du service public », mobiliser l’intelligence collective pour trouver des solutions aux problèmes du quotidien, fluidifier les processus administratifs.
  5. Rendre agile la collectivité : être plus réticulaire et collaborative, dynamiser les initiatives, s’ouvrir à son écosystème au moment de la conception des projets.
  6. Se donner les moyens de profiter des évolutions technologiques : moderniser l’équipement, investir dans les Hommes autant que dans la technologie, adapter et diversifier ses règles d’achats, recourir au SaaS (**) pour plus de souplesse technologique.

Web 1.0 versus 2.0 :

Dans le Web 1.0, l’information est descendante, c’est-à-dire que la Collectivité diffuse de temps en temps de l’information sur un site Web et l’usager ou le visiteur doit consulter cette information  sans possibilité d’interagir avec le site -> l’information est à sens unique. Le webmaster de la Collectivité et éventuellement quelques collaborateurs sont les seuls contributeurs.  Ce Web là est toujours présent, beaucoup de sites ne fonctionnent que de cette manière.

Le Web 2.0 est un ensemble d’usages et d’outils qui vont placer l’usager au cœur de l’information. Dans le Web 2.0, l’usager est  contributeur. C’est pour cette raison que Web 2.0 est synonyme de WEB Social, WEB Collaboratif, WEB Communautaire …


(*) : Contribution commune de l’AMF, l’AMGVF, l’APVF, l’ARF, l’ACUF, la FMVM et l’AMRF (cliquez ici pour voir le lien)
(**) Le logiciel en tant que service ou Software as a Service (SaaS) est un modèle d’exploitation commerciale des logiciels dans lequel ceux-ci sont installés sur des serveurs distants plutôt que sur la machine de l’utilisateur. Les clients ne paient pas de licence d’utilisation pour une version, mais utilisent généralement gratuitement le service en ligne ou payent un abonnement récurrent.

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