Comment ça Marche : l’Aquaponie

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Comment ça Marche : l’Aquaponie

Petit constat préalable

De tous temps nous avons conçu des systèmes à la fois pyramidaux-hiérarchique et/ou consommateurs-destructeurs.

  • Peut-être étions nous forts influencés par les civilisations hiérarchisées issues de l’Égypte ancienne.
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  • Peut-être savons nous que reproduire certaines pratiques agricoles qui consistaient à labourer le sol mais qui aujourd’hui avec les tracteurs surpuissants creusent des sillons de 70 à 100 cm de profond détruisant les vers de terre et enfouissant en plus la végétation qui aurait fait de l’humus, puis leur nourriture pour fertiliser et aérer les sols.
  • Peut-être étions nous tout simplement issus d’une des chaines alimentaires où l’homme a joué le rôle de super-prédateur sur toutes les autres chaines alimentaires tuant les autres grands prédateurs : rapaces, grands fauves, grands requins, etc … et au passage détruisant certains maillons de ces chaînes et de ces équilibres par ses consommations directes (surpêche) ou indirectes (forêts et autres écosystèmes).
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Le constat est depuis quelques années évident et ne commence que maintenant à être partagé par le plus grand nombre :

  • La destruction des matières premières fossiles que nous consommons sans possibilité de reconstruire ces ressources (charbon, pétrole, gaz) et sans prendre conscience de la nécessité de faire appel à des énergies renouvelable,
  • La pollution de ressources vitales, telles que l’eau et l’air, viciées par nos modes de fabrication, de consommation et globalement par le mode de vie que nous adoptons (même si nous avons été longtemps inconscient de ces dégâts),
  • La disparition d’espèces animales et végétales soit causée par la pollution, soit issue de consommation directe (poissons) ou indirecte (bois des forêts faisant disparaitre à la fois le bois par une sur-exploitation et les écosystèmes qui y vivent).

Prenons l’exemple de la pêche

Face à une stagnation voire à une régression de la pêche causé par une surexploitation des océans, l’aquaculture permet de couvrir en grande partie les besoins alimentaires tout en constituant un enjeu de développement économique et de conservation d’une certaine bio-diversité.

L’aquaculture permet de couvrir actuellement 47% du poisson consommé par l’homme (FAO, 2009).

De nombreuses contraintes et enjeux, surtout environnementaux rendent de plus en plus compliqués l’intégration des productions d’aquaculture dans leur environnement principalement à cause des rejets de ces modes d’élevage. La production en milieu ouvert – bassins, étangs ou mer – ne peut permettre de contrôler les conséquences de l’emploi d’intrants chimiques pour améliorer et contrôler le rendement (engrais, produits phytosanitaires, produits d’alimentation OGM). Ces intrants se retrouvent sous une forme plus ou moins complexe dans les rejets faits dans les bassins avals ou autour des fermes aquacoles marines.

Bien sur nous avons appris à valoriser les rejets des élevages de poissons, directement ou après minéralisation, par des productions associées d’invertébrés (moules, crustacés) et par des cultures hydroponiques (cultures hors-sol sur eau) telles que des légumes, des fruits, des plantes ornementales (plantes aquatiques, fleurs).

Cette co-production permet ainsi de réutiliser l’eau en permanence pour l’élevage piscicole.

Cette démarche est également innovante pour la conduite de production végétale en réduisant les prélèvements d ‘eau et en supprimant l’emploi d’intrants chimiques (engrais, produits phytosanitaires).

Aquaculture + Hydroponie = Aquaponie

Le mot « aquaponie » est une contraction de « aquaculture » (élevage en milieu aquatique : poissons, crustacés, coquillages)  et de « hydroponie » (culture de végétaux hors sol sur eau).

L’aquaponie est donc la culture de poissons et de plantes ensemble dans un écosystème construit en circuit fermé, en utilisant des cycles bactériens naturels pour transformer les déchets des poissons en nutriments pour les plantes.

C’est une façon écologique et naturelle de produire de la nourriture riche en protéine qui réunit à la fois les meilleures qualités de l’aquaculture et de l’hydroponie, sans avoir besoin de rejeter d’eau, de la filtrer ou d’utiliser des fertilisants chimiques.

Ce mode de production à plusieurs avantages  :

  • Il peut être développé localement (très proche du consommateur) avec des matériaux locaux réduisant l’empreinte carbone (consommation de carburant + pollution atmosphérique des moyens de transport),
  • Il apporte des protéines animales (poissons) et des fibres (légumes) de façon écologique voire totalement Bio
  • Il peut être totalement autonome en énergie via l’énergie solaire et/ou éolienne (stockée) pour faire fonctionner les pompes et aérateurs.
  • La densité des légumes peut être beaucoup plus forte qu’en pleine terre car ils ne combattent : ni pour la nourriture, ni pour l’eau. Les deux sont à volonté !

Pour information, il faut environ 15 Kg de protéine végétale pour produire 1Kg de protéine carné (viande de bœuf) sans parler de la consommation d’eau et des rejets.

De plus, l’agriculture est à l’origine de 18 % des rejets de gaz à effet de serre (GES) en France, et l’élevage produit 9 % de ces rejets, essentiellement sous forme de méthane et de protoxyde d’azote.

Principes de l’Aquaponie

Pour une petite vidéo Cliquez ici ou Cliquez là

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  • Les Poissons sont nourris (bio) et produisent des déchets riches en ammoniac. Trop de déchets est toxique pour eux, mais ils peuvent tolérer des concentrations élevées de nitrates,
  • Les Bactéries qui sont naturellement élevées dans les bacs de culture et les bassins à poisson décomposent ces déchets azotés riches en ammoniac, en nitrites, puis en nitrates,
  • Les Plantes utilisent les nitrates comme un de leur principaux nutriments. Ces nutriments sont fertilisants pour elles. Par cette action, les plantes purifient l’eau des poissons et la filtrent.
  • L’Eau du système est filtrée à travers le substrat de culture. Elle contient l’ensemble des nutriments pour les plantes. Elle est réutilisée indéfiniment dans le système (moins l’évaporation et la croissance des plantes).

L’idée «géniale» consiste à boucler la boucle en instituant un écosystème équilibré : on réussit la symbiose entre la culture de végétaux et l’élevage de poissons sans pratiquement de rejets nuisibles.

On nourrit les poissons, les excrétions des poissons via leur transformation par des bactéries naturelles deviennent des nutriments que puisent les plantes, purifiant par là même l’eau des poissons.

On reçoit en retour une récolte de fruits et légumes abondante, ainsi que du poisson frais.

Le système est basé sur la vie et exclut intrinsèquement tout emploi de pesticides.

L’aquaponie est aussi utile pour l’apport en nutriments à une culture hydroponique ou en pisciculture pour purifier l’eau de l’élevage des poissons. C’est le début du principe de la co-production si les deux cultures sont consommables.

En amateur, l’aquaponie est donc un moyen idéal pour approvisionner votre famille quotidiennement de produits frais et de qualité biologique, avec peu de travail. Il faut approximativement 5 à 10 minutes maximum chaque jour pour vérifier si tout fonctionne correctement, surveiller l’acidité de l’eau (test de pH), et nourrir les poissons.

Cela peut même devenir une activité ludique et éducative (projet pédagogique) à faire avec les enfants régulièrement !

C’est donc une technique accessible pour toutes et tous, que nous pouvons apprendre à intégrer dans nos lieux de vie et dans nos habitudes pour faire partie de la solution, dans un monde où il temps de prendre les choses en main pour diminuer notre impact sur la planète.

Avec la montée des prix des énergies, la production de nourriture locale de qualité naturelle et biologique deviendra bientôt indispensable et l’aquaponie sera alors très vite incontournable vu sa simplicité, son efficacité et ses potentialités.

 

Le fonctionnement de l’Aquaponie

Le démarrage d’un projet d’aquaponie peut être réalisé en toutes saisons car l’idéale pour commencer est de l’installer sous une serre. La serre apportera la lumière extérieure et capturera la chaleur solaire au niveau de l’air et de l’eau favorisant la pousse des légumes, le développement des bactéries nécessaires au cycle de transformation de l’ammoniac en nitrate, et maintiendra l’eau des poissons à température – cela dépend aussi des besoins des espèces de poissons élevées (poissons de consommation ou non pour commencer).

Une fois la serre en place, il faut installer les bacs pour les poissons et pour les plantes. Le ratio entre le volume d’eau pour les poissons et le volume des lits de culture est de 1 pour 1 en «amateur» mais il peut être plus élevé, de type 1 pour 3 ou 1 pour 5 en production massive. Généralement il faut 1 m³ pour les poissons et 1 m³ pour les bacs de culture des plantes.

Sachant que l’on peut facilement commencer avec un aquarium de maison.

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Exemple d’installation commerciale sur 500 m²

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A titre d’exemple, une installation commerciale sur 500 m² peut produire :

  • 5.000 Kg de poissons par an, ou 560 Kg environ à pêcher toutes les 6 semaines,
  • 31.000 têtes de laitues par an, ou 600 environ à cueillir par semaine

En consommation, il faudra :

  • 2 m³ d’eau à ajouter par jour
  • L’énergie nécessaire équivalent à 2 Kw
  • 20 Kg de nourriture (granulés) de poissons par jour

En entretien, il faudra :

  • Enlèvement manuel des résidus solides 3 fois par jour
  • Nettoyage des bacs de filtration 1 ou 2 fois par semaine

 

Les bacs de culture n’ayant pas besoin d’être profond (les racines doivent atteindre et baigner tout ou partie dans l’eau), on utilisera 3 bacs d’environ 30  à 40 cm de hauteur disposés à un niveau supérieur à celui des poissons afin de facilité la cueillette mais surtout pour permettre le retour d’eau par gravité (siphon automatique). Les bacs de culture peuvent être principalement rempli de substrat (l’idéal : billes d’argile expansées) ou de type «table à marée» avec plateau flottant.

Bien sur, un ensemble de tuyaux et une pompe permettra de relever l’eau dans le fond du bac à poisson pour la faire couler dans les bacs de culture. L’eau sortant des bacs de culture peut transiter par un bac de récupération/filtrage avant de retourner en jet d’eau (oxygénation) dans le bac à poisson. Un aérateur d’eau (bulleur) peut être ajouter pour les besoins des poisons.

Ces deux appareils électriques pouvant à terme être alimenté par une source d’énergie renouvelable (solaire ou éolien) via batterie. Attention, sans électricité ou en cas de coupure, le «système» s’arrête. Il faut vite re-cycler !!!

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Une fois les bacs remplis de billes et l’eau mise dans le bac à poisson et dans les bacs de culture (attention aux débordement), il faut «cycler» le système avant d’y installer les poissons, puis les plantes. Il faut donc ajouter une source d’ammoniac pour aider à l’établissement de vos «colonies de bactéries» bénéfiques. C’est le cycle de l’azote.

Cliquez ici pour voir les principaux tests.

Pour commencer le cycle il faut trouver de l’ammoniac : ammoniac ménagère, crevette ou poisson mort, nourriture pour poisson ou … pipiponique comme son nom l’indique bien.

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Cycle de l’azote

Dans un aquarium ou un bassin, ce sont les déjections des poissons et la nourriture non consommée qui sont à l’origine de la formation d’ammoniac.

Ce produit extrêmement toxique pour les animaux aquatiques est transformé en nitrites puis nitrates beaucoup moins toxiques et bénéfiques pour les plantes grâce à des bactéries présentes naturellement ou artificiellement (plantées) dans l’aquarium.

Les bactéries nitrosomonas transforment l’ammoniac en nitrites, eux-mêmes très toxiques pour les animaux aquatiques. Et les bactéries nitrobacter transforment les nitrites en nitrates. Nitrates qui sont alors absorbés par les plantes présentes dans l’aquarium.

Lors du premier remplissage de l’aquarium ou du bassin, ces bactéries sont absentes de l’eau. Les populations de bactéries apparaissent progressivement à partir du moment où l’aquarium est rempli. Le lancement du cycle nécessite, selon le contexte, entre 5 et 8 semaines durant lesquelles l’eau de l’aquarium reste toxique. L’accumulation d’ammoniac provoque la prolifération de la première population de bactéries. Ces bactéries transforment l’ammoniac en nitrites. Au bout de quelques jours l’accumulation de nitrites due à la première population de bactéries provoque la prolifération de la deuxième population de bactéries, qui fait retomber la concentration de nitrites. La concentration de nitrites redescend jusqu’à être totalement indétectable. À partir de ce moment, l’aquarium est sain pour les poissons.

 

Une fois les mesures faites et le système «cyclé» ont pourra introduire les poissons et les plantes que l’on aura préalablement fait germer.

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Les poissons peuvent aller des simples poissons rouges ou carpe koï à des poissons comestibles comme le Tilapia (le plus efficace et le plus rentable), la Carpe, la Truite, la Perche, le Sandre.

Les plantes sont les légumineuses comme la laitue, les épinards ou le cardon/blette ou encore les tomates, poireaux, choux, poivrons, aubergine, concombres, courges, pois et haricots ainsi que de nombreuses plantes aromatiques : persil, ciboulette, basilic, sauge, … et même des fraises !

25 à 30 jours vous pourrez commencer à récolter les légumes et les déguster sans oublier d’en replanter. Idem pour les poissons mais avec un peu plus de temps !

 

L’aquaponie est en fait un système
sans lutte, sans hiérarchie, sans destruction, sans déchet.

Une nouvelle façon d’aborder notre présent
et de reconstruire l’avenir.

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Voir l’article de synthèse sur l’Aquaponie : article, journée expérience, slideshare, album photos, … (Cliquez ici)


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  • Loin des conditions optimums nous allons tester le principe avant de l’améliorer.
    – Achats de 20 plants de salade type batavia (10 serviront à la culture en sol comme étalon de référence, et 10 seront mise en eau dans un système -très basique – d’aquaponie.
    – Le système aquaponique sera un bac à poisson avec de l’eau de pluie et une culture type table à marée. C’est à dire les plants de salade sur un support flottant sur leau (donc sans bille d’argile expansée qui favoriserait dans les micros pores le développement des bactéries nécessaires au cycle de l’azote
    – l’alimentation des vers de terre provient du compose, l’eau évaporée et consommée par les salades sera compensés pas les eaux de pluie ou par un apport en provenance des eaux de récupération de pluie.

  • Test 1-Jour 1-action 1
    Étalon de référence – 10 salades type batavia plantées en sol (référence).
    Déjà obligé de même de l’anti-limaces (fait à trouver un produit naturel).

  • Test 1-Jour 1-action 2

    Sur l’étalon de référence, pour les 10 salades type batavia plantées en sol (référence) cela nous coute déjà une bière plus le recyclage du verre … Hic … Bonjour le bilan carbone

  • Test 1-Jour 1-action 3 : Aquaponie
    – 10 salades type batavia mise en eau dans l’aquarium sur table à
    marée bricolée dans une cagette inersée, quelques trous pour positionner les salades et des flotteurs en polystyrène positionnés par le dessous pour maintenir l’ensemble à flot. (reste à
    trouver dare-dare les poissons).
    Quelques doutes sur le développement des bactéries entrant dans le cycle de l’azote pour transformer l’ammoniac négatif pour les poissons et bénéfique pas les plantes qui le – via le substrat – transforme l’ammoniac en nitrate. Nutriment des plantes

  • Test 1-Jour 1-action 4 : Aquaponie
    Voilà, voilà … Les générateurs d’ammoniac viennent
    d’arriver : Une carpe, quelques perches, gardons et ablettes pêchés à la
    va vite mais en faisant attention de ne pas les blesser. Bilan carbone
    pas très cool, j’aurai dû descendre au Cher en vélo et j’ai pris la
    voiture:(

  • Test 1-Jour 1-action 5 : Aquaponie
    Il restera à placer un filtre d’aquarium pour éliminer les rejets des
    poissons et faire circuler l’eau sous forme de jet afin d’aérer et donc
    d’oxygéner. Car les poissons moins résistants : gardons et ablettes
    risquent de trépasser. D’un autre côté cela fera de la nourriture mais
    trop ammoniac. Pour la mourriture justement, vers de composte, passé par
    l’eau pour ne pas trop apporter de bactéries du composte.

  • Test 1-Jour 1-action 6 : Aquaponie
    Pour les 10 salades type batavia plantées en sol (référence) cela nous coute déjà une bière (bien fraiche je confirme) + le recyclage du verre …Bilan carbone en hausse !

  • Test 1-Jour 2-action 6 : Aquaponie
    Le temps de remettre un aquarium en état (nettoyage aquarium et pompe, réfection des joins, mise en eau de ‘pluie’) j’ai perdu 60% de ma pêche d’hier et de ce matin dans un bac dont l’eau n’était pas adaptée.
    Bien que je n’ai pas encore pu attendre que l’aquarium soit ‘cyclé’ j’ai mis les poissons survivant et les laitues sur une caisse faisant office de table à marée.
    Demain il me faudra d’autres poissons pour la production de nutriments.

  • Test 1-Jour 2-action 7 : Aquaponie
    Mise en place d’un deuxième bac de culture avec des billes d’argile comme substrat à quelques salades, un pied de tomate, ciboulette, thym (qui allait passer sous la tondeuse!) et des œillés d’inde.
    Avec la poussière des billes d’argile l’eau c’est un peu opacifiée. En espérant que la pompe et le simple filtre qui y est inclus va clarifier tout cela, sinon c’est que le cycle de l’azote est en train de ce faire. Pourvu qu’il n’y ai pas trop de perte côté poisson

  • Test 1-Jour 3-action 8 : Aquaponie

    Dans la nature, le volume d’eau par poisson est très élevé, l’eau est
    constamment renouvelée et les déchets sont dilués à des concentrations
    très faibles. Dans les aquariums, quelques heures peuvent suffire pour
    que leurs concentrations atteignent des doses toxiques. Le cycle de l’Azote prend environ 2 à 6 semaines (la marge est large ??? A expliquer par des mesures).
    N’ayant pu respecté cette durée durant laquelle les poissons ne doivent pas être introduits dans le bac (aquarium) car le taux d’ammoniac, à un trop au haut niveau, est mortel pour eux, j’ai perdu mes trois plus beaux spécimens que je croyais robustes. Les plus petits étant toujours en vie. J’aurai cru qu’il se serait produit l’inverse : les petits étant par nature moins résistants ?!

    D’où la nécessiter d’attendre et de mesurer.
    http://www.aquanostalgie.com/pages/les%20tests.php

    J’ai évacué les poisons morts et nettoyé le filtre/pompe pour éliminer les déchets aspirés par celui-ci.

  • Le « cycle de l’azote » (plus précisément, le cycle de la nitrification) est le nom donné au processus biologique qui convertit les nitrites en d’autres composés azotés, relativement moins dangereux.

    Heureusement, plusieurs espèces de bactéries font cette conversion pour nous.
    En particulier, les espèces du genre Nitrosomonas convertissent l’ammoniaque NH3) contenu dans les déjections des poissons en nitrite (NO2-), tandis que les espèces du genre Nitrobacter convertissent les nitrites en nitrate (NO3-).

    Aussi, la mise en place du cycle de l’azote se réfère à l’établissement des colonies de bactéries dans le filtre qui convertiront l’ammoniaque en nitrites, puis en nitrates.

    Les espèces de bactéries voulues sont présentes partout (dans l’air par exemple).
    Aussi, dès lors que vous avez une source d’ammoniaque dans votre bac, ce n’est qu’une question de temps pour que les bactéries voulues se développent dans le filtre.

    Laissez faire la Nature, tout apport chimique détruira les mauvaises bactéries mais aussi les bonnes.

    Ce qui est valable pour les poissons est PARFOIS valable pour les humains : ne pas se jeter systématiquement sur un médicament pour un oui ou pour un non, comprendre ce qui ne va pas et agir sur nos comportements (activités, nutritions, hydratation, repos). Mais attention cela n’est pas à appliquer pour tout le monde, dans tous les cas et notamment pour des personnes faibles (enfants, personnes âgées, personnes souffrant de maladies graves, etc.). A vous de voir !

    • Greg-Aquaponie.net

      Bonjour Michel,

      J’ai lu votre article, c’est un résumé intéressant. Lorsque vous citez des paragraphes entiers, il serait apprécié que vous mentionniez vos sources, avec un lien! Je parle pour moi et pour les autres…
      Félicitations pour votre expérience en cours. Tester et se confronter est selon moi la meilleure façon d’avancer….
      Je vous incite cependant à la prudence…. Vous avez vous même noté qu’il
      fallait un à trois volumes de substrat pour un volume d’eau d’élevage.
      Sur votre expérience en cours, vous n’êtes même pas à 1/10…. C’est
      largement insuffisant à mon sens. De même, vous avez introduit les
      poissons sans le moindre cyclage… c’est très risqué pour eux, même si
      la carpe est très tolérante.
      Enfin, sur votre dernier graphique, les valeurs en nitrite sont largement déraisonnables à 20mg/l.
      Je vous conseille de rapidement ajouter un bac de culture à coté de votre
      aquarium, ceci pour ménager vos (votre?) poissons. Les bacs flottant
      dans l’aquarium auront surement leurs racines broutées assez rapidement.
      J’espère que ces petites remarques vous aideront à progresser vers un système d’aquaponie florissant.

      Cordialement,

      Greg
      http://www.aquaponie.net

      • Bonjour Greg,

        Merci pour votre commentaire et toutes vos petites remarques.

        Tout d’abord pour les références, licences et copyright, j’utilise une licence Creative Commons Pas d’utilisation commerciale 4.0 Internationale et les liens sont soit dans les articles soit sur la page de liens (http://stflorent18400.com/liens/) où vous étiez cité. Le partage est primordial dans le respect du travail de chacun.

        Mon test est pour inciter les écoles à en faire un Projet Pédagogique dans le cadre des nouveaux Rythmes Scolaires et des TAP. Voire au-delà puisque nous avons des aquacultures et un lycée agricole sur notre territoire.
        Pour ma part, ne pouvant mettre mon système sous serre à l’extérieur, j’ai dû mettre le système à l’intérieur et n’ai pas la place pour autant de bacs de culture que nécessaire. N’ayant pas encore cyclé mon eau, je ne peux me lancer dans des dépenses superflues. En plus, à l’intérieur, je n’ai pas les apports ‘soleil/chlorophylle’ nécessaires à la bonne croissance des plantes.
        L’idée était de simplement ‘montrer la mécanique’ aux visiteurs et par des photos sur les réseaux sociaux en plus d’expliquer, par cet article, le principe et les phénomènes bio-chimiques mis en oeuvre sans oublier les avantages environnementaux mais sans aller jusqu’au ROI du projet.

        Merci beaucoup pour votre contribution
        Michel

      • Greg-Aquaponie.net

        Bonjour Michel,
        Pas de souci, j’ai vu votre page de liens… 100% d’accord sur le partage.

        L’aquaponie est clairement un excellent support pédagogique faisant intervenir plein de notions de biologie, de chimie, physique, mathématique, … et une vraie conscience des cycles dans les écosystèmes. Félicitations pour votre travail de diffusion !

        Vous pouvez étendre le système pour quelques euros… un bac (recyclé type seau alimentaire de nourriture collective), des graviers(gratuits)…et ainsi éviter à votre carpe de trop lutter dans une eau inadaptée. Vous pouvez effectuer des changements d’eau partiels (1/3) le temps que le système soit cyclé…

        Bonnes chance dans vos expériences !
        Bien cordialement,

        Greg

  • Test 1-Jour 21-action 9 : Aquaponie

    Le cycle de l’azote n’a pas terminé son processus. Néanmoins aujourd’hui, première récolte de ciboulette.
    Les salades poussent doucement à cause du manque de lumière. Les poissons semblent calment et gloutons. Je vais devoir commencer à mettre en culture d’autres graines pour à terme remplacer les prélèvements.

  • Test 1-Jour 26-action 10 : Aquaponie

    Deuxième récolte de ciboulette en 1 semaine. Ça pousse fort !

    Mise en plantation de nouvelles graines : salades + persil afin de remplacer à terme les prélèvement et continuer à consommer l’azote et purifier ainsi l’eau.

    Petit test d’avoir moins d’eau sur les billes d’argile (remontée des caissettes) pas concluant. Il vaut mieux que les racines soient pleinement dans l’eau.

  • L’expérience AQUAPONIE a été présentée au public dans le cadre de la journée de la Transition Citoyenne

  • Test 1-45 jours-action 12
    Le cycle de l’azote est bien installé et les poissons de différentes espèces cohabitent sans stress. Ils sont très gourmands et avalent les deux rations de lombrics journalières. Lombrics issus de notre compost ménager. Vais-je pouvoir fournir ?
    3ième récolte de ciboulette. Les fraises se sont reprises et de nombreuses poussent repartent du cœur. Les salades ont grandi en s’étalant car il y a encore 1 semaine l’aquarium était à l’intérieur, sans trop de lumière.
    Maintenant tout ce système est dehors, avec une mini serre au dessus de l’aquarium afin de réguler la température nocturne et profiter des jours ensoleillés.
    Surveillance au maximum aussi pour éviter les écarts de températures car c’est aussi ma 1ière serre.

  • Test 1-50 jours-action 13
    Mesure de la vitesse de pousse des cultures et notamment de la ciboulette ‘aquaponique’ (plus facile à mesurer).
    En 5 jours pleins, la ciboulette a poussé de 14 cm soit près de 3 cm par jour avec une température de seulement +4°C par rapport à la température extérieure. Donc subissant, hélas, les variations nocturnes-diurnes d’environ 10° en cette saison. Il n’y a donc aucun artifice de chauffage – à part la mini-serre installée sur l’aquarium- ni d’éclairage.
    Malgré tout le système fonctionne bien.
    L’eau a tendance à s’assombrir dû à une augmentation des micro-algues qui se nourrissent de l’excès de Nitrate non totalement consommé par les cultures. En effet, je vous rappelle que pour 1m3 d’eau avec 1m2 de surface, il faudrait un minimum 3m2 de culture afin d’absorber le nitrate produit par le cycle de l’azote.

  • Test 1-52 jours-action 14
    Réhausse de l’aquarium pour qui ne prenne pas trop l’humidité. Ce n’est pas un meuble qui était prévu à la base pour être à l’extérieur. Le bois, même si revernir, travaille.
    Bref, ce n’était pas facile car avec plus de 250kg (meuble, aquarium et eau) c’est impossible à déplacer en l’état. Il fallait donc vider l’eau (en la conservant, car cyclée). Rehausser le tout et remettre l’eau sans que ni les poissons, ni les plantes en souffre : 45mn chrono. Ouffff !
    Mais bon, c’est tellement agréable de voir le système fonctionner 😉

  • Test 1-54 jours-action 14
    Récolte du jour :
    – 1 bol de ciboulette – après 7 jours (+23cm)
    – 2 salades (voir la photo) dont une pour la voisine – après 15 jours seulement

    Note : pour la salade : Coupée et hop, directement dans le saladier sans passer par la case nettoyage. C’est économique mais si évident car il n’y a pas de terre, pas d’insecte. Rien ! Que de la salade délicieuse.

    Et c’est là que l’on mesure l’importance d’avoir plus de bac de culture, car 2 salades tout les 15 jours, c’est un peu régime 😉

  • Test 1-56 jours-action 15
    Constat : l’eau de l’aquarium qui est maintenant exposé à la lumière du jour, donc aux UV et donc à la photosynthèse. L’eau cyclée est idéale pour les bacs de culture. Mais cette eau cyclée, qui contient beaucoup de nutriments (nitrate et de phosphate) propice à la culture des légumes, l’est aussi à la culture des micro-algues vertes.
    Naturellement il n’est pas envisageable de recourir à un traitement chimique.
    Donc plusieurs actions vont être menées :
    – limitation des déjections de poissons en limitant leur nourriture. Cela leur fera faire un peu d’exercice. Je les trouve assez pépère dans l’aquarium,
    – je viens de prélever un litre d’eau de l’aquarium, dans une bouteille, et de placer cette bouteille dans un endroit obscure pendant 2 à 3 jours afin de voir si les micro-algues disparaissent. Si c’est concluant, je reproduirait l’expérience sur un volume plus important d’eau,
    – protéger le tour de l’aquarium par un film opacifiant évitant le passage des UV (plastique noir ou film plastique horticole transparent anti-uv). Idem expérience sur 1 semaine pour voir si les algues disparaissent et si les poissons n’en souffrent pas trop,
    – attendre l’hiver et les 6h maxi de lumière par jour, mais d’ici là il faut agir et dès le printemps prochain le problème se reproduira.

    Si vous avez des idées elles sont les bienvenues ! Merci par avance

  • Test 1-66 jours-action 16

    Comparaison entre les salades plantées en pleine terre et celles cultivées en aquaponie.

    1) en aquaponie, il ne faut que 10% du volume d’eau de celui utilisé pour arroser les salades en pleine terre,

    2) en aquaponie, les salades n’ont pas besoin d’être nettoyées. En pleine terre les salades doivent être nettoyée à grande eau, plusieurs fois,

    3) en aquaponie, il y a peu de nuisible qui vont ‘grimper’ dans l’aquarium ou dans les bacs de culture. En pleine terre, les salades ont été ‘mangées’ par quelques limaces dont il faut se débarrasser (si vous avez un hérisson, c’est bien, sinon, destruction),

    4) en aquaponie, l’ensemble de la plante comestible est hors sol, donc pas de pourrissement. En pleine terre, les feuilles du pourtour sont pourries et donc inutilisables sauf pour le lombric-compost,

    5) en aquaponie on a obtenu 2 récoltes en 45 j. En pleine terre les salades ont poussé deux fois moins vite qu’en aquaponie. Il aura fallu (sans serre et en fin de saison) attendre 60 jours pour récolter de petites salades,

    6) création de lien social et même, je peux vous l’assurer’, intérêt pour des jeunes, personnes âgées ou des personnes à mobilité réduite qui viennent voir les poissons, la pousse des légumes, etc. … Projet pédagogique et thérapeutique.

  • Test 1-67 jours-action 17
    Récolte de 2 belles salades très tendres. Surprise, la cuisinière en chef m’a dit « Elles sentent bon la salade ». Surprenant non !!!

    Maintenant mon soucis n’est plus de produire vite et bon, mais de remplacer les prélèvements afin de ne pas dérégler le cycle de l’azote (consommation de nitrate). Je n’avais pas prévu des récoltes aussi rapide et donc mes plantations de graines (salades, persil et potirons) ne sont pas encore sorties. Autre solution, aller chez un maraicher récupérer des plants, s’il en reste encore car on est au 21 Octobre !

  • Test 1-72 jours-action 18
    Dans la semaine récolte d’une nouvelle salade et d’une autre ce WE avec un peu de persil et de ciboulette. Entre les deux, nouvelles plantations de plants de salade pour perpétuer le cycle.

  • Test 1-105 jours-action 20
    Depuis le 15 Aout dernier le système est toujours viable et une prochaine récolte de salade-persil sera faite dans 1 semaine alors que les températures ne sont déjà plus propices à la culture dans nos jardins traditionnels.
    Là sous sa petite serre, l’aquarium et ses hôtes continuent à participer au cycle biologique.
    Naturellement du fait du moindre ensoleillement et donc de la moindre croissance des légumes, ces derniers sont moins consommateurs du nitrate produit par le cycle de l’azote.
    Ainsi on constate une légère eutrophisation de l’eau (développement des algues vertes) par excédent de nutriments.
    La première solution est de réduire l’apport en nourriture, qui était surement trop élevée précédemment, puis de gérer un nouvel équilibre durant l’hiver (apport de plantes, diminution des UV sur l’eau) tout en maintenant un niveau acceptable en qualité et température de l’eau pour les poissons.